Interdit bancaire, Michaël Charrier, 21 ans, réclame plus de souplesse pour développer sa PME. Le projet de Michaël Charrier a convaincu les élus et le service économie de la Communauté de communes du Pays Santon. Ceux-ci n’ont pas hésité à ouvrir les portes du nouvel Hôtel d’entreprises de la zone des Côteaux à ce jeune de 21 ans, créateur d’une entreprise innovante. Accompagné par son père, Domingos Coutinho, à la pratique professionnelle éprouvée, Michaël Charrier y a installé, dès janvier 2008, sa petite entreprise artisanale baptisée L’art du béton. Le tandem familial avait lancé, six mois plus tôt, une production de béton décoratif, matricé, tamponné ou ciré. Une activité très peu pratiquée jusque-là dans la région. Très vite, le produit a séduit et la PME a vite trouvé des marchés auprès de collectivités locales, de campings du littoral ou de particuliers.
Un engrenage infernal
Tout allait bien jusqu’au mois d’août 2008. Avant de partir en vacances au Portugal durant trois semaines, Michaël Charrier et son père ont obtenu l’accord d’un de leurs fournisseurs. Celui-ci a accepté de différer l’encaissement de deux chèques pour un montant total de 16 000 euros. Mais l’accord ne sera pas respecté et la PME se retrouve aussitôt dans le rouge à la banque.
Laquelle banque n’alerte à aucun moment le jeune chef d’entreprise, pourtant joignable à tout moment (1). D’autres chèques sont rejetés. L’Art du béton se retrouve vite dans un engrenage infernal et son patron interdit bancaire. « J’ai été traité comme un délinquant. J’ai dû répondre à une convocation des gendarmes », s’indigne encore aujourd’hui le jeune entrepreneur.
Un délai préventif
Voulant honorer ses commandes et poursuivre son activité, Michaël Charrier frappe à la porte d’autres banques. Mais il essuie des refus. La Banque de France lui désigne un établissement de la place qui lui applique stricto sensu la procédure du « droit au compte ».
Depuis, le jeune entrepreneur et son père se plaignent sans cesse des neuf jours ouvrés requis par leur nouvelle banque à partir du dépôt des chèques. « Quand je présente un chèque de 20 000 euros, je ne peux même pas retirer 200 euros pour faire le plein de gasoil des camions ! », s’exclame Michaël Charrier. « Nous appliquons à cette entreprise le régime général. Les jours de valeur doivent être respectés car le délai permet de s’assurer que le chèque ne sera pas rejeté par la banque de la société ou du particulier qui l’a émis », explique, de son côté, le directeur adjoint de la banque visée par le jeune entrepreneur.
Pénalités contestées
S’estimant freinés dans leur activité par ces contraintes, Michaël Charrier et son père, qui ne peuvent pas non plus obtenir le moindre emprunt, en ont appelé au médiateur bancaire. Ils n’ont obtenu aucune réponse de sa part.
« Sans doute parce que nous ne réclamons pas d’aide financière ! », veut croire Domingos Coutinho. Du côté de la Banque de France, l’on indique que la levée d’une interdiction bancaire est soumise au paiement des sommes dues et des pénalités. « Nous ne devons pas d’argent à cette banque et nous contestons les pénalités (2), disent, de concert, le fils et le père. Dans toute cette affaire, nous pensons qu’il y a entrave au développement et à l’embauche. »
Michaël Charrier et Domingos Coutinho mettent en avant leur carnet de commandes rempli jusqu’à fin septembre, les trois ou quatre emplois qu’ils seraient prêts à pérenniser ou à créer, les investissements en nouveaux véhicules qu’ils voudraient lancer. « Quoi qu’il arrive, nous nous en sortirons ! », affirment-ils, en pestant plus que jamais contre « les aberrations bancaires ».
(1) Il s’agit là de la version de Michaël Charrier. (2) Ces pénalités, d’environ 10 000 euros, sont dues à la première banque qui a entamé la procédure d’interdiction bancaire.
Auteur : DOMINIQUE PARIES : article original
9 avril, 2009
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Bonjour je souhaiterais savoir comment vous avez réglé le probléme auprés de votre Banque et si vous avez une un nouveau emprunt auprés d’une Banque