Patron interdit bancaire pour un cheque impaye de 59,80 EURO

Interdit bancaire pour cinq ans et fiché à la banque de France pour un impayé de 59,80 €... C’est ce qui est arrivé à une très petite entreprise qui ne connaît pourtant pas la crise. TG Diffusion, installée à Mauguio (Hérault), est spécialisée dans la création d’enseignes.

« Crise aidant, on a pas mal de commandes : les petits patrons veulent justement se faire connaître. Rien qu’en janvier, on a fait 15 000 € de chiffre d’affaires et 185 000 € en 2008. Mais, là, on a bien failli mettre la clef sous la porte », dit Cédric Torregrosa, le patron, qui emploie quatre salariés, dont deux commerciaux. Sauf qu’il n’est payé qu’à 30 jours fin de mois et compte, comme d’habitude, sur des facilités de caisse. Résultat, la société, créée il y a deux ans,
vit avec des recettes en décalage chronique. Et un compte en banque toujours négatif.

En janvier, sa banque - dont le directeur régional était injoignable hier - lui refuse un chèque de 59,80 €. C’est la crise et « les banques manquent de liquidités », décrypte Francis Bénet, adjoint au directeur régional Banque de France et au médiateur départemental du crédit. Elles ne prennent plus de risques. Ce dernier ajoute : « Un seul chèque a tout déclenché mais si on demande la transparence aux banques il faut que, dans la pratique, les facilités de caisse disparaissent. Il faut mettre en place un crédit à moyen terme de type Oséo. »

C’est ce que fera Cédric Torrégrosa précisant que son interdiction bancaire ne lui a été notifiée qu’un mois plus tard ! Résultat, il n’a pas pu régulariser sa situation à temps, dans le délai légal de 15 jours. Pire, entre-temps, ce jeune patron a déjà changé de banque qui, elle, lui ouvre une ligne d’escompte et un découvert. Mais toujours interdit bancaire. Sans le vouloir, il émet des chèques en bois auprès de l’Urssaf, des Assedic, etc. Ceux-ci devront être représentés et débités mais avec des pénalités de retards de la part des organismes sociaux. L’affaire se terminera bien grâce au médiateur du crédit, saisi le mardi. Tout va très vite. « Le lendemain, mercredi, la situation de TG Diffusion est régularisée », dit-il.

Sa société, Cédric Torregrosa, né à Grenoble, l’a créée avec un BTS action commerciale en poche. « Je suis issu d’une famille modeste. La société où mon père travaillait avait déposé le bilan. Mes parents se sont installés dans le Sud quand j’avais dix ans pour tenter de trouver du travail au soleil. » Son père fera chauffeur-livreur, sa mère mourra peu de temps après de maladie. « Cette société, c’est une revanche sur la vie », conclut Cédric Torregrosa.

 
Olivier SCHLAMA
Source: www.midilibre.com

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