Interdiction bancaire resultant de credits revolving
Six mois pour sortir du piège du crédit revolving
Alice témoigne du cauchemar qu'elle a vécu en découvrant, au décès de son mari, qu'il avait souscrit des crédits renouvelables.
Alice est une Mâconnaise de 52 ans. Il ne faut plus lui parler de crédit revolving. Elle vient de sortir de cet enfer qui peut conduire directement en commission de surendettement avec une interdiction bancaire à la clé.
Tout a commencé par un drame, l'été dernier, avec le décès brutal de son mari : «C'est lui qui s'occupait de tout, notamment des comptes, de la gestion du foyer. Un mois après son décès, j'ai fait le point à partir des documents trouvés dans son bureau et ceux qui arrivaient dans la boîte aux lettres.
J'ai découvert qu'il avait souscrit plusieurs crédits revolving. Il avait des cartes de paiement de grandes enseignes, hypermarchés et grands magasins spécialisés. Il trouvait que c'était facile et permettait d'accéder à des promotions privilégiées dans ces magasins. Il m'avait même donné une de ces cartes, que j'utilisais comme une carte bancaire normale. J'ignorais que c'était un crédit permanent et renouvelable. »
Alice a rapidement compris qu'elle devait sortir de cette situation, en réalisant qu'elle n'arrivait pas à savoir combien il fallait rembourser, et à quel taux : «Ces sociétés de crédit sont très opaques, ne donnent pas de numéro de téléphone pour les joindre en direct. On tombe sur des plateformes téléphoniques etc.
J'ai finalement réussi à avoir un conseiller financier au téléphone, et là, les menaces commencent. Comme les comptes étaient bloqués suite au décès, ils me demandaient de fournir un nouveau RIB sur un compte non bloqué pour continuer les prélèvements, sinon ils menaçaient d'informer la Banque de France, et je risquais l'interdiction bancaire. »
« L'organisme financier ne répondait pas à mes lettres »;
Bonne ou mauvaise foi des organismes financiers ? Jugez-en : «Ils refusaient de me donner les éléments de la souscription du contrat, que je ne retrouvais pas dans les papiers de mon mari. C'était très vicieux, avec des taux de remboursements différents, impossibles à connaître.
Sur un crédit bancaire, par ailleurs, une partie de la dette a été prise en charge par une assurance décès, mais je n'ai jamais réussi à connaître le montant, même mon notaire chargé de la succession n'a obtenu aucune réponse à ses demandes répétées. »
Alice a fini par s'en sortir, non sans mal : «Pour une des cartes, l'organisme financier à qui je manifestais l'intention de solder le crédit par remboursement anticipé ne répondait pas à mes lettres recommandées et continuait à prélever l'argent mensuellement avec un taux d'intérêts supérieur à 19 %. Au bout de six mois de lettres et de coups de fils surtaxés, j'ai fini, en payant, à arrêter cette machine infernale.
Ce qu'ils veulent, ce n'est pas qu'on solde le crédit, c'est qu'on continue à payer avec leur taux très élevé, proche de l'usure. Aujourd'hui, je n'arrive même pas à obtenir un document écrit prouvant que j'ai soldé toutes les dettes. J'ai vécu 6 mois de cauchemar face à des gens invisibles qui réagissent de façon inhumaine. »
Recueilli par Denis Wuyam lejsl.com