dimanche 16.11.2008, 05:06 - La Voix du Nord
TRIBUNAL
Mandat de dépôt. Le jugement est tombé pour ce conseiller financier de la Caisse d'Épargne de Grande Synthe, condamné à dix-huit mois de prison ferme pour avoir détourné 500 000 E et abusé huit de ses clients.
« Le scandale est arrivé par une petite mamie de 73 ans qui a repéré un retrait suspect », a résumé l'avocate de la partie civile. À la barre, l'acteur principal de ce « scandale » : Pascal Dernoncourt, conseiller financier à la Caisse d'Épargne de Grande-Synthe, 46 ans, père de famille respectable. Il était jugé vendredi par le tribunal correctionnel de Dunkerque pour abus de confiance et détournement de 500 000 E, entre février 2005 et février 2008.
Dans la salle, les huit clients floués, remboursés depuis par la Caisse d'Épargne, trépignent. Après une enquête interne, dont les conclusions ont été confirmées par une enquête policière, le conseiller financier était jugé, après avoir demandé un délai pour préparer sa défense, dans le cadre d'une comparution immédiate.
Placé depuis sous contrôle judiciaire et mis à pied par son employeur, à la barre, Pascal Dernoncourt nie toujours les faits. « On ne laisse aucune chance à mon client. Les victimes viennent lui cracher leur mépris au visage et j'ai moi-même été insulté par le frère d'une victime », a souligné l'avocat de la défense. Les victimes, elles, ont tenu à témoigner devant le tribunal : « J'avais totalement confiance en lui, il s'occupait de tout », dit l'une « " T'inquiète tout va bien" qu'il disait à mon frère », raconte un autre.
La présidente remarque que toutes les victimes ont le même profil : des personnes seules, fragiles, « leur moyenne d'âge est de 70 ans », précise l'avocate de l'établissement financier. « L'enquête a révélé que vous encouragiez vos clients à souscrire à des projets d'épargne, en général des assurances vie », constate la présidente. « Des comptes pour lesquels les relevés sont annuels », complète l'avocate de la partie civile. « Quand un client s'interrogeait, miraculeusement, la somme manquante revenait sur son compte. Vous l'aviez en fait prélevé chez un autre client », argumentera l'avocate. À chaque fois, les victimes ont constaté a posteriori des retraits conséquents. « Il y en a eu 17 alors que je ne sais même pas aller à la "tirette". » Le procureur s'étonne, « vous dépensiez entre 4 et 10 000 E par mois, vous meniez grand train, pourquoi ne pas reconnaître l'évidence ? » Pascal Dernoncourt a été reconnu coupable et condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis, mise à l'épreuve pendant trois ans. Placé sous mandat de dépôt, il devra indemniser la banque et ne peut pas exercer sa profession pendant cinq ans.
Source:
PAR ANNE-CHARLOTTE PANNIER
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JEAN-CHARLES BAYON