La lutte contre le surendettement doit passer
préalablementpar l’accompagnement social des
particuliers ayant une situation financière
affaiblie. La principale difficulté de ce
processus réside dans l’articulation des actions
des commissions de surendettement et des
organismes à vocation sociale.
Les dysfonctionnements du
système
-En 2003, le comité consultatif des
usagers pour les services bancaires avait mis en exergue le
cloisonnement entre les commissions de surendettement et
les organismes à vocation
sociale.
-Le rapport sénatorial Hyest-Loridan avait
déjà pointé du doigt les problèmes d’articulation
entre les commissions de surendettement et les commissions à
l’action sociale d’urgence (CASU).
-Une meilleure coopération avec les
CASU est donc essentielle mais pas suffisante car son action
est ciblée sur les aides d’urgence et non sur la
consolidation de situation par des aides
durables.
-Outre la participation des travailleurs
sociaux aux travaux des commissions de surendettement, il
faut mettre en réseau des traitements complémentaires
par des acteurs compétents dans des domaines
diversifiés.
Les pistes à approfondir pour
mieux lutter contre le
malendettement
- Resolvabilisation: La reconstitution
de solvabilité des personnes surendettées est
primordiale.
-L’accès au droit passe par une
simplification des dispositifs et une meilleure
information des personnes
surendettées.
-L’accompagnement, associatif ou
par des travailleurs sociaux, est bénéfique car il redonne
confiance aux personnes et permet la réalisation
de plans dans de bonnes
conditions.
-L’exclusion quasi-totale de l’accès au
crédit des ménages les plus démunis, notamment pour le
financement de leur équipement élémentaire, est un handicap
dont la portée devrait être
reconsidérée.
L’expérience du Nord-Est a
été étendue à une trentaine de structures, un millier de
prêts ont été distribués sur 5 ans, 10 000 personnes ont été
accueillies (dont 17 % de non clients du Crédit
Agricole) dont 2/3 ont retrouvé une autonomie financière
totale ou partielle. Depuis 2001, ont été instituées en
appui les « caisses locales de développement partagé »
permettant d’octroyer plus facilement des prêts solidaires
(crédits de resolvabilisation, financement des microprojets
professionnels etc.).
Cette initiative originale,
saluée par de nombreux acteurs sociaux, a également eu le
mérite de fédérer davantage les salariés du crédit agricole
qui ont vu, dans le couplage activité solidaire-activité
bancaire, un vrai projet d’entreprise auquel ils ont
massivement adhéré. Il est vrai que, comme le dit René
Petit, président de l’association Passerelle du Crédit
Agricole Nord-Est : « humaniser notre approche des
clientèles fragilisées, c’est un beau défi pour les banques
mutualistes et une belle opportunité de développement
durable pour les banques en général
».
D’autres banques, notamment
mutualistes, se sont engagées dans des démarches
d’accompagnement des clientèles les plus
fragiles.
Les démarches de crédit responsable
mises en oeuvre par certains établissements
financiers :
Numéro un du crédit à la
consommation en France et en Europe continentale,
Cétélem souhaite s’engager sur la voie du crédit
responsable : en luttant contre le surendettement
(vérification de la solvabilité du demandeur, consultation
du fichier des incidents de paiements, mensualités adaptées
au budget, taux de refus important, sélection des
distributeurs agréés) ; en facilitant l’accès du crédit au
plus grand nombre (formules variées de prêts,
microcrédit social en partenariat avec des
associations) ; en accompagnant des clients fragilisés
(révision si nécessaire du montant des mensualités,
modification des dates de prélèvement des mensualités,
autorisation de reports d’échéances, réaménagement des
créances) ; en accompagnant des emprunteurs en difficulté
(instauration d’un centre d’aide aux particuliers
endettés).
Laser-Cofinoga a instauré un service « accompagnement
clients » dont la mission est de resolvabiliser les
débiteurs en difficulté. L’écoute et le contact sont au
centre de cette cellule qui essaie de tisser des relations
de confiance avec le client, en coopération étroite avec des
structures sociales. Des plans de redressement sont proposés
à la personne, assortis d’un accompagnement. Des points
réguliers sont faits sur l’évolution du budget. En
partenariat avec les associations accompagnatrices, des
microcrédits peuvent être accordés.
La banque
Accord, en partenariat
avec l’association Crésus, a publié une brochure pédagogique
d’information pour la gestion des budgets et la
compréhension des coûts réels de certains achats effectués à
crédit. Elle a aussi mis en oeuvre de nouveaux scores
permettant d’anticiper les situations de surendettement et
des dispositifs d’alerte. Adepte de la consultation du
FICP et du maintien d’un taux important de refus pour
protéger le consommateur, elle a aussi développé des
produits de consolidation de dettes pour éviter les
situations de surendettement. Une cellule d’accompagnement
est également dédiée aux personnes ayant des difficultés
de paiement. La banque essaie d’approfondir ses liens
avec le milieu associatif, notamment avec l’association
Crésus, dans l’instauration de dispositifs d’observation du
surendettement et l’établissement de guides de bonnes
pratiques.
Les établissements de crédit
ne sont pas philanthropes et leur démarche responsable
relève bien évidemment aussi du souci de restaurer une image
écornée par les accusations récurrentes de leur
responsabilité dans le développement du surendettement. De
surcroît, les bénéfices à en tirer, cette fois ci en termes
financiers, ne sont pas si négligeables. Sans céder à la
naïveté, ces engagements méritent tout de même d’être
salués. Ils gagneraient à être généralisés dans toute la
profession.
Pour plus d’infos sur le sujet de la
resolvabilisation :
-
Médiateur de la République – Conférence de
Presse 14/12/2006 - Le malendettement, nouvelle urgence
sociale
-
Comment diminuer son endettement ? et récupérer du pouvoir
d’achat ! www.moderatio.fr
Caution Surendettement